Reserve de Faune de Binder Léré

La réserve de faune de Binder Léré est située au Sud-Ouest du Tchad, à proximité de la frontière du Cameroun. Elle couvre une superficie de 135 000 ha dans une zone marquant la transition entre savanes soudaniennes et savanes sahélienne. Elle a été créée en mai 1974 par décret présidentiel (Décret 169/PR/EFPC/PNR du 24 mai 1974). Le décret de création interdit, dans les limites de la réserve, tout acte de chasse et le port d’armes à feu, l’ébranchage ou l’étêtage d’arbres et toute mise à feu. Il reconnaît le droit de culture, de pâturage des animaux domestiques, de récolte et de cueillette ainsi que le ramassage du bois mort. Il interdit la création de nouveaux villages (sauf autorisation préfectorale).

Le site a été nommé site RAMSAR en 2001. Les plaines d’inondation de la région se singularisent par la présence d’une espèce ligneuse de la famille de Méliacée connue localement sous le nom de « Tchilli » qui se trouve là très loin des limites de son aire de répartition et revêt de ce fait un intérêt pour la conservation. Les galeries forestières sont peuplées de grands arbres de la savane soudanienne tels Andira inermis, Diospyros mespiliformis, Celtis integrifolia, Caïlcédrat, Kigelia africana, Terminalia sp, Néré, Karité, Vitex sp et d’une graminée pérenne (Chloris robusta). Il y a aussi de la savane à bourgoutière ( Echinochloa sp. et Mimosa pigra ) et dans les mares temporaires des prairies hygrophiles ( Echinochloa sp.) et parfois des forêts claires.

Parmi les éléments les plus emblématiques de faune, le plus remarquable est le Lamantin ( Trichechus senegalensis), grand mammifère emblématique des lacs Léré et Tréné. La réserve abrite également, bien qu’en nombre restreints, la Girafe, l’Autruche, le Buffle d’Afrique de l’ouest (Syncerus caffer savanensis), et l’Hippopotame. Parmi les antilopes, l’Hippotrague est la mieux représentée, suivie par le Redunca, l’Ourébi et le Céphalophe de Grimm. Depuis fin 2006, les éléphants sont de retour dans la réserve, alors qu’ils en étaient absents de façon permanente depuis une cinquantaine d’année. Ils sont probablement venus du parc national camerounais de Boubandjida.