L’espoir de voir revivre le hotspot de biodiversité d’Aouk

Le Domaine de Chasse de l’Aouk, situé à la frontière entre le Tchad et la RCA, abritait autrefois des communautés uniques d’espèces animales et végétales. Les populations d’oiseaux et des grands mammifères en particulier étaient parmi les plus riches au monde. L’augmentation incontrôlée de la pression anthropique sur les ressources naturelles par le pastoralisme, le front agricole mais aussi et surtout le braconnage de la grande faune a entraîné une véritable dilapidation de cette biodiversité. Dans le but de contribuer à une préservation et reconstruction plus efficace de cet écosystème, l’Union européenne s’est engagée à soutenir le Gouvernement du Tchad au travers le « Projet Aouk ».

Le Projet Aouk

Le Projet « appui à la préservation de la biodiversité de l’Aouk », financé par le 11ème Fonds Européen de Développement dans le cadre du Programme d’appui pour la préservation de la biodiversité et des écosystèmes fragiles d’Afrique centrale, ECOFAC VI, est mis en œuvre par African Parks Network (APN) en collaboration avec la Direction de la Faune et des Aires Protégées (DFAP) du Ministère de l’Environnement et de la Pêche. Démarré le 1er octobre 2019, le projet a une durée de 48 mois. La zone de mise en œuvre du projet Aouk est constituée des écosystèmes transfrontaliers du Tchad, de la RCA et du Soudan.

Reconstituer le noyau de conservation : réhabilitation du bloc de Mandjo

Graine essentielle pour ce projet de conservation : les premiers résultats de ces pièges caméras montrent qu’il existe toujours des populations de mammifères dans la zone centrale du domaine de l’Aouk.

Lancés officiellement en janvier 2021, les travaux d’aménagement et de réhabilitation des infrastructures de l’ancien bloc de chasse de Mandjo visent à rétablir un noyau de conservation au sein du domaine de chasse de l’Aouk. Couvrant une superficie approximative de 80 000 hectares, et jouxtant le Parc National de Manovo Gounda Saint Floris de la République Centrafricaine sur près de 40 km, cet espace englobe le système hydrologique Aoukalé-Aouk. Il s’agit du premier espace au sein duquel les efforts de réhabilitation de la faune de l’Aouk sont conduits. Le développement de nouvelles infrastructures (150 km de pistes véhicule, une piste aviation et un camp) ont permis le déploiement effectif des gardes de la DCFAP et des agents APN. Des patrouilles montées à cheval sont organisées en permanence, des salines ont été aménagées et un système de suivi de la faune par pièges photographiques est en cours de mise en place. Un processus participatif de délimitation et démarcation de cet espace est actuellement en cours auprès des communautés locales, sédentaires et nomades.

Les objectifs du Projet sont la reconstitution de la connectivité écologique dans la zone transfrontalière, notamment avec les aires protégées du nord RCA et le développement du système d’alerte précoce contre les incursions des braconniers soudanais et centrafricains.

Les objectifs sont la reconstitution de la connectivité écologique dans la zone transfrontalière, notamment avec les aires protégées du nord RCA et le développement du système d’alerte précoce contre les incursions des braconniers soudanais et centrafricains. 

Les réalisations pour faire renaître ce premier noyau de conservation portent aussi sur l’aménagement de salines pour la faune, ainsi que la mise en place d’un système de suivi écologique à l’aide de pièges caméras.