Réserve de Faune de Binder Léré


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Réserve de Faune de Binder Léré : une nouvelle étape avec l’ONG Noé

En attendant le classement d’une partie (près de 1000 km² sur  1350 km²) de cette réserve en Parc National prévue...

Carte d’identité du parc

  • année de création : 1974
  • superficie : 1350 km²
  • niveau(x) de protection : 
    • Réserve de Faune (1974)
    • Site Ramsar (2002)
    • Objectif 2022 : statut de Parc national
  • gestionnaire : ONG Noé / DFAP
  • milieux écologiques représentés : lacs, zone humide, savane
  • espèces phares : éléphants, lamantins

La Réserve de Faune de Binder-Léré (RFBL) est située dans le sud-ouest du Tchad, elle couvre une superficie de 1 350 km² et a été nommée site Ramsar en 2002 étant donnée la  variété unique de ces zones humides ainsi que ses cascades, les «Chutes Gauthiot». 

La Réserve a été créée par décret présidentiel en 1974  interdisant tout acte de chasse et le port d’armes à feu, l’ébranchage ou l’étêtage d’arbres et toute mise à feu. Il reconnaît le droit de culture, de pâturage des animaux domestiques, de récolte et de cueillette ainsi que le ramassage du bois mort. Il interdit la création de nouveaux villages (sauf autorisation préfectorale).  Sa gestion est depuis 2019 confiée à l’ONG Noé dans le but qu’elle devienne Parc National.

Des paysages et des espèces typiques

Les plaines d’inondation de la région se singularisent par la présence d’une espèce ligneuse de la famille de Méliacée connue localement sous le nom de «Tchilli» qui se trouve là très loin des limites de son aire de répartition et revêt de ce fait un intérêt pour la conservation. Les galeries forestières sont peuplées de grands arbres de la savane soudanienne. Il y a aussi de la savane à bourgoutière et dans les mares temporaires des prairies hygrophiles.

 

La population d’éléphants de l’écosystème de la RFBL est la troisième plus grande du Tchad (120 individus). Elle a été exposée à un braconnage intensif ces dernières années puisque 89 éléphants ont été abattus en mars 2013, 19 en février 2018 et 7 en août 2019. D’autres cas de braconnage non rapportés ou non documentés ont eu lieu. Cependant, même après plusieurs massacres, la population a continué à se reproduire mais sa viabilité demeure extrêmement fragile au vu des menaces

La réserve abrite également, bien qu’en nombre restreints, la Girafe, l’Autruche, le Babouin. Parmi les antilopes, l’Hippotrague est la mieux représentée, suivie par l’Ourébi et le Céphalophe de Grimm.  La réserve abrite aussi une grande quantité d’oiseaux, dont le peuplement et la diversité sont encore peu étudiés.Une espèce exceptionnelle pour un pays enclavé comme le Tchad y est présente: le lamantin. 

De belles perspectives pour l’avenir

La plupart des espèces de la réserve ont disparu ou atteint des effectifs alarmants nécessitant une intervention rapide pour leur rétablissement, en raison du braconnage incontrôlé et de la perte d’habitat.

A partir de 2022, environ 1 000 km² de la RFBL devraient être classés comme parc national.

L’ONG Noé est en cours de discussion avec le Ministère de l’environnement du Tchad pour établir  un accord de partenariat public privé pour la gestion de la RFBL et du futur Parc.


Le lamantin : une particularité!

Le lamantin, mammifère aquatique et herbivore, vie en eaux douces peu profondes, dans les lagunes ou l’embouchure des fleuves, lacs et les marais côtiers de la zone tropicale et atlantique: sa présence au Tchad, pays loin de la côte atlantique et sans fleuves qui le rejoint, est une “anomalie” biogéographique de cette région.

La présence de cette espèce dans les afflux du lac Tchad est en effet une preuve qu’il y a 7000 ans, dans sa plus grande étendue, le fleuve Mayo Kébbi représentait le débouché de l’ancien lac Mega-Tchad (le plus grand des quatre paléo-lacs sahariens qui aurait couvert une superficie de 1.000.000 km2) le reliant au fleuve Niger et à l’Atlantique.

Historiquement, les lamantins étaient autrefois abondants dans le bassin du lac Tchad mais sont devenus rares vers 1924. Ils étaient jusqu’à récemment moins abondants qu’autrefois mais pas rares dans les Lacs de Léré et Tréné de la RFBL. Aujourd’hui leur nombre semble en forte diminution.