Réserve de Faune Ouadi Rime – Ouadi Achim (OROA)

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La réintroduction des oryx et addax au Tchad : un rêve devenu réalité

Les derniers Addax ont été transférés des Émirats arabes unis au Tchad, dans la réserve de faune de Ouadi Rimé-Ouadi Achim en 2020. Ces addax suscitent un nouvel espoir pour leur conservation, car leur espèce est au bord de l'extinction. Pour rappel, 225 oryx ont été introduits au Tchad depuis 2016 ainsi que 40 addax (15 en 2019 et 25 en 2020).

Carte d’identité du parc

  • année de création : 1969
  • superficie : 77 950 km²
  • niveau(x) de protection :
    • Réserve de Faune
    • Aire protégée UICN IV
  • gestionnaire : DFAP, Sahara Conservation Fund
  • milieux écologiques représentés : ouaddis
  • espèces phares : Addax, Oryx algazelle, outardes Arabe et Nubienne
  • Objectifs: protection des habitats et de la faune sahélo-saharienne

Située à cheval entre les biomes nord-Sahélien et sud-Saharien au centre du pays, la réserve de faune Ouadi Rimé-Ouadi Achim est parmi les plus grandes de l’Afrique avec ses 7.795.000 ha (ou 77950 km2).

Cette réserve a été créé en 1969 pour la protection de la faune et de l’avifaune sahélo-saharienne, comme l’Addax, l’Oryx algazelle, la Gazelle dama, la Gazelle dorcas et les outardes Arabe et Nubienne. Au-delà de sa vocation fondamentale de conservation de la biodiversité, la réserve sert aussi comme zone pastorale importante pour plusieurs dizaines de milliers de gens sédentaires, semi-sédentaires et transhumants. . La réserve est à cheval sur cinq provinces : Batha, Wadi Fira, Borkou, Ennedi Ouest et Bahr Al Ghazal. En dehors de quelques petites installations à l’intérieur de la réserve (Ouadi Djedid, Batan Al Djenna, Donki…) la plupart de la population vit dans les villes et villages sur la périphérie de la réserve (Arada, Haraze, Djedda, Salal, Kouba…).

La réserve est traversée par des Ouaddis (rivières ne coulant qu’occasionnellement), le plus souvent à sec, descendants des montagnes à l’est de la réserve et disparaissant dans les zones sableuses. L’ouest de la réserve est constitué par la dépression du Barh el Ghazal où a été trouvé le squelette de Toumaï, le plus ancien homme connu.

Ce site présente de grandes similitudes, au niveau écosystémiques et des activités et pressions anthropiques existantes : braconnage et feux de brousse notamment. Contigus, il est un espace transfrontalier abritant un cortège unique d’espèces animales et végétales adaptées à ces milieux naturels extrêmes, telles que l’addax, la gazelle dama, deux espèces en danger critique d’extinction. La faune a en effet considérablement régressée dans la partie sud de la réserve, suite à son aménagement pour l’élevage (nombreux aménagements hydrauliques).

L’Addax, l’Oryx algazelle et l’autruche avaient disparu ; la Gazelle dama est rarement observée (elle est présente dans la partie est, plus boisée). La Gazelle dorcas est abondante (population estimée à plusieurs dizaines de milliers) mais en diminution dans le sud. Parmi les carnivores, le Guépard n’est plus observé tandis que l’Hyène rayée est en nette diminution du fait des empoisonnements pratiqués par les éleveurs. Depuis 2014 l’ONG Sahara Conservation Fund œuvre dans la réserve pour la réintroduction des principales espèces de la faune sahéliennes, disparues ou en très faible nombre : l’Oryx, l’addax, l’autruche et la gazelle dama.

Depuis 2016 et avec le soutien du Gouvernement de la République du Tchad et de l’Agence pour l’environnement d’Abou Dhabi, SCF a relâché 218 oryx et 45 addax dans la Réserve de faune du Ouadi Rimé-Ouadi Achim. Maintenant il y a plus de 375 oryx et 55 addax vivant dans la RFOROA.